Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:00

 

 

Il est mort aujourd'hui, à 93 ans. Il me devait encore 130.000 cp...

 

Quand j'ai commencé à bosser en Calédonie, je les ai tous rencontrés, les uns après les autres, les Berton, les Mennesson, les Delouvrier, les Renard... tous ces hobereaux de brousse, gros propriétaires terriens, forts en gueule, bardés de certitudes et de suffisance. Ils m'ont impressionné quelques temps, au début, car par la suite je les évitais ayant le plus souvent affaire à leurs employés ou aux contremaîtres auxquels je m'adressais ostensiblement. Mais certaines rencontres étaient inéluctables, pendant les week-ends quand ces gens venaient jouer aux gentlemen-farmers avec des amis (parfois en hélicoptère...)

 

arabian horse paint 1JP Leyraud était de ces vieux "coloniaux", rusé en affaires, âpre aux bénéfices et vivant  à l'ancienne – y compris les histoires de cul. Il avait sa manière à lui de chier sur la gueule de tout ce qui lui résistait, y compris sur ses enfants, son personnel et sur le fisc. Créateur des "Nouvelles Calédoniennes", concessionnaire Ferrari, il avait mis ses billes dans une propriété de 500 ha à 30 km de Néa où se reproduisaient des chevaux arabes (de toute beauté) importés d'Australie à grand renfort de pub... Quand il a vendu le journal –près de 600 millions – au groupe Hersant, il avait refusé de payer les impôts locaux sur la plus-value sous le prétexte fallacieux que la transaction avait eu lieu en Australie. Son fric était resté là-bas. L'anecdote avait fait grand bruit à l'époque, mais personnellement je ne savais rien de ces aléas fiscaux; je ne m'occupais que de ses chevaux avec passion. Ce fut l'occasion de confrontations inénarrables entre les décisions les plus fantaisistes du propriétaire et les nécessités les plus élémentaires de l'élevage. Passons... ! (Voir ailleurs)

 

... Mr Leyraud n'avait pas d'argent disponible en Calédonie; il ne pouvait donc pas me régler cette facture déjà fortement réduite au prix coûtant : J'avais castré 21 chevaux adultes de sa station, soit trois journées au soleil, en sueur et sans aucune casse. A 12000 cp chacun en 1990 (Aujourd'hui, la castration d'un cheval approche les 110.000 par tête pour le même boulot) je me retrouvais avec une ardoise considérable sans compter la colère. En ce samedi matin, toute la concession Ferrari de Ducos avait résonné de ma rogne ! Et quelques jours plus tard, je débarquais avec un van et un ami sur sa station. Prévenu de mon hold-up imminent, et sans doute pas très à l'aise, Mr Leyraud m'avait fait parvenir une avance de 100.000 cp en liquide au moment même où je quittais la propriété avec dans le van un petit arabian pony, un étalon superbe qui m'avait tapé dans l'œil. Je m'apprêtais à repartir avec ce cheval pour solde de tous comptes.

On me ferait parvenir le complément au moment venu... Je n'en ai plus jamais entendu parler et cette histoire de cornecul s'est arrêtée là.

 

Avec le temps, l'élevage du Mt Mù s'est détérioré peu à peu; j'y ai vu des animaux délaissés et mourir d'inanition, bla bla...

 

JP Leyraud, cette tête de cochon, butée, prétentieuse et susceptible, s'est donc éteint aujourd'hui. Dire qu'une page de l'histoire du pays s'est tournée, ce serait méconnaître ce qui anime encore l'arrière-cour des débats politiques et la violence familiale occulte qui font encore la "Une à sensations" des Nouvelles Calédoniennes...

(10 décembre 2012) 

 

 

 

 

 

Ci-dessous les installations et la technique...

 

 

 

Et le résultat à 1200 images/seconde. et une pointe à 117km/h...

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
A propos des figures calédoniennes<br /> voici ce texte adapté des cahiers d'Aimé Césaire rédigé à la mémoire de Max Chivot qui s’est éteint à l’âge de 63 ans.<br /> <br /> Partir…<br /> Comme il y a des hommes blancs et des hommes canaques,<br /> tu étais pour les uns, tu étais pour les autres, un homme,<br /> celui des caféières ; celui des comptoirs ; celui qui vote ou celui qui-ne-vote-pas ; l'homme-éconduit, l'homme-ignoré, l'homme-torturé.<br /> 
 Pouvait-on te saisir ? pouvait-on te comprendre ?<br /> Tu possédais le secret des communications,<br /> Je te dirais fleuve aux immenses méandres,<br /> Je te dirais tornade,<br /> Je te dirais feuille, arbre,<br /> Je serais mouillé de tes pluies, de tes rosées,<br /> Je roulerais comme toi sur le courant des mots au gallot des chevaux,<br /> à la course des fous de celle des enfants ignorant le couvre-feu,<br /> allant toujours plus loin.<br /> Qui ne te comprendrait pas, ne comprendrait pas davantage l’aberration des lois.<br /> <br /> Et vous fantômes montrez vous ! engorgés de chimie pénétrant le lagon, anéantissant la forêt, rendant nos chairs pourries, recouvrant la nature d’un linceul découpé dans ce qui reste de la peau des<br /> hommes.<br /> Aurai-je des mots assez vastes pour vous contenir ?<br /> Et toi terre tendue, terre saoule, terre grand sexe levé vers le soleil,<br /> terre grand délire de la mentule des hommes voulant devenir dieu.<br /> terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans les yeux la sève de l’Exoecaria ! Une gorgée de son lait aveuglant et je découvre en toi ce mirage, rendant plus doré le soleil, plus rouge la<br /> terre, où tout est libre et fraternel,<br /> Ta terre, couverte d’une folle forêt que ne connaissent plus les hommes.<br /> <br /> Partir... ton coeur bruissait de générosités empatiques.<br /> Tu viens, lisse et jeune, d’un pays dont la poussière a fait ta chair.<br /> Tu as longtemps erré et reviens pour soulager la hideur de nos plaies »<br /> Max tu viens à ce pays ta terre et tu lui dis,<br /> « Embrassez-moi sans crainte... si je ne sais que parler,<br /> c'est pour vous que je parlerai »<br /> Max tu lui dirais encore,<br /> « Ma bouche sera la bouche de ceux qui n’ont point de voix,<br /> elle sera celle de la liberté,<br /> et celle qui estompe les limites de toutes nos espérances »<br /> Max tu nous a montré biens des chemins,<br /> menant les uns à milles lieues par d’autres voies,<br /> leur permettant enfin de parvenir avec les autres.
Répondre

Présentation

  • : Sagamore, le dernier des ploucs !
  • : La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
  • Contact

Au hasard des pages...

"L'Histoire est la science du malheur des hommes... Pas de malheurs, rien à raconter" (R. Quenaud)

"Les véritables victimes de Tchernobyl ? Elles ne sont pas encore nés."

(Un nuke3.0 allemand) :

 

« Le capitalisme est la croyance stupéfiante

selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires choses

pour le plus grand bien de tout le monde »…

J.M.KEYNES

 

"- C'est quoi, une bonne mère ?

- Une femme que son mari va quitter" (F. Dolto)

 

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue" ( Victor Hujo)

 

"Quelle est l'utilité d'une maison installée dans un merdier* invivable ? "

(D'après DH Thoreau qui écrivait "planète"...)

 

"Il nous faut créer une démocratie conforme aux marchés."

(A. Merkel -2011)

 

 

« Si le climat était une banque,

les pays occidentaux l'auraient déjà sauvé »

Discours d'Hugo Chávez

 

 Le Mal au nom du bien,

une des plus vieilles histoires du monde...

(Ds un bouquin...)

 

"Se réclamer d'une religion dispense-t-il de toute morale ?"

(Amin Maalouf, sur Fr. Inter)

 

"Dans une crèche,
les bébés considérés comme leaders
sont les plus gentils"
(H. Montagner)

 

 

"Quand l'eau est pure,

je lave ma tête.

Quand l'eau est trouble,

je lave mes pieds"

 (Wang Shu) 

 

"Quelle est donc cette nostalgie

qui réarme partout les monstres oubliés ?

Et ce siècle tout neuf, comment le peupler

autrement que de tous nos regrets ?"

Doris Evans

 

"Sonne les cloches qui peuvent encore sonner.

Oublies ton offrande parfaite.

Il y a une fissure en toute chose.

C'est par là que pénètre la lumière."

(Dans la dernière chanson de Léonard Cohen,)

 

 

"Le roi est nu !"

cria l'enfant.

(Hans Cristian Andersen)

  

"Que faire de sa soif, dans un pays sans eau ?

De la fierté, si toutefois le peuple en est capable"

(Henri Michaux- Poteaux d'angle) 

 

"Tu ne te conformera point

à ce monde qui t'entoure."

(Commandement mnémmonite) 

 

 

"je ne sais pas quelles armes seront utilisées

pour la troisième guerre mondiale, si elle a lieu.

Mais la quatrième se réglera à coups de massue."

(A. Einstein)

 

 

"Tout

dépend

de tout le reste." 

(Bouddha) 

 

"A la vie, on emprunte même les os"

(Pablo Neruda)

 

"Ca n'est pas radical d'essayer de sauver les derniers 5% de nos forêts.

Ce qui est radical, c'est d'en avoir coupé 95%."

(D. Mc Gwan, à Durban)

 

Partout, dans le droit des peuples,

existe le mot "pays"

Nulle part le mot "planète"

(ds un mail)

 

Assise dans le fossé,

elle mâche un brin d'herbe 

et regarde passer mes wagons de projets.

Sa manière de vivre...

le nom le plus secret de l'amour ! 

(Marie-1996)

 

"Entre être libre, ou rester calme,

il faut choisir"

(Thucydide - Ve S av JC) 

 

T'es loin d'êt' con,

mais y'a des fois où tu t'en rapproche...

(...Un ami !)

 

"Chaque mois, l'allumette se rapproche de la mèche..."

(J.Stiglitz. le triomphe de la cupidité - 2010)

 

C'était du temps où les mots

étaient du côté des choses...

 (M. Genevoix- En parlant de la guerre 14-18)


Mon métier, c'était vétérinaire,

Du moins je préfère le croire.

J’ai perdu  les enthousiasmes et les protections de mon métier,

Accessible à tout, je suis enfin libre.

  (Note - Mars 2001, à la retraite)

 

Tous les jours...

 

 

 

 

 

 

"Nous nommons notre régime Démocratie

car l’état s’y gouverne en fonction non pas d’un petit nombre,

mais de la majorité »

(Thucydide, II, 37)

 

"Ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,

c'est que c'est toujours la Morale des autres"

(Léo Ferré) 

 

"J'aime aller au marché

pour contempler toutes ces choses

dont je peux me passer."

(Socrate par Kornfield)

 

Certains préfèrent

le parfum de la rose à l'odeur du chou,

Ils pensent que sa soupe est meilleure...

(?)

 

 "Le bonheur ?...

Il vient souvent sonner à ta porte.

Seulement  voilà, toi t'es parti en visite,

dans tes projets, tes rêves,

tes peurs, tes illusions..."

(Marie -1998)