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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 01:00

Quand je demande à un poisson rouge de me raconter sa vie , il va me parler de tout sauf d'humidité et d'eau...

En politique, c'est pareil : On parle de tout sauf d'une perspective d'avenir, d'Europe, des industries nouvelles, de la qualité de la vie, d'environnement ! Depuis 15 ans, les électeurs n'existent plus aux yeux des élus. Dans "La fabrication du consensus", Noam Chomsky explique : "L'opinion, ça se fabrique !..." (1995)

... Dans le même bouquin, l'auteur explique comment 75% des électeurs votent contre leurs intérêts personnels & immédiats. Quand j'ai lu ce livre, je n'en croyais pas un mot... 

 En 2012, on touche à l'absurde...

 

Sondage de ma dernière compagne (électorale ?) sur leurs compétences amoureuses :

Au 1er tour,

- Les électeurs de droite perdent 15 points (Ils pensent plus à baiser leur voisin qu'à faire l'amour à leur voisine...)

- Les électeurs de gauche gagnent 20 points* (Ils sont plus attentifs au plaisir partagé)

  Au 2eme tour,

Les Verts sont crédités de 80% : Moins enfumés que les autres partis, ce sont de "bons coups" et ils pensent davantage au péril démographique mondiale... ) 

 

* Pour moi, DSK et le PS ne sont pas de gauche. Rien n'a tant emmerdé la gauche que Mai 68... (Note 1970) 

Bof...

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C'était en Mars 2000.

Au p'tit dej'Un matin, j'ai fait chauffer de l'eau sur les braises. Pour le café. (Bîn oui, pas d'micro-ondes...) Il faisait encore nuit. J'ai pris une douche glacée dehors (que je supportais bien) et sifflé quelque part dans l'obscurité. Ca ne pouvait plus durer comme ça ! Quelques minutes plus tard, la bande de chevaux traversait la rivière au galop et se présentait à la porte de derrière, côté pâturage. Environ quatre heures du matin, et une seule pensée en tête : ça ne pouvait pas durer comme ça ! Dans une sacoche, un thermos, un paquet de cigarettes puis seller Mutin et en route. Retraverser la Siombeba à gué vers la porte en barbelés d'en haut, puis les collines et les nuages...

 

Deux ans que je bossais seul, à fond et à perte. Le Service vétérinaire de terrain n'existait plus. Tout l'aide public à l'agriculture-élevage avait été supprimé. (semences, forêt, maraîchage, phytosanitaire, gestion économique, ingénierie rurale...) Pourquoi ? Décision politique, pression des lobbies commerciaux,souci de rentabilité ? L'aide au "développement rural" fut privatisé et le secteur vétérinaire que j'avais créé 15 ans plus tôt, faisait des envieux. A Nouméa, la médecine canine commençait à se saturer de nouvelles installations. Une clinique privée s'était ouverte à grands frais et à 5 km de chez moi. Ses gérants se proposaient d'exercer à 4 associés le travail que je faisais seul depuis plusieurs années. Peu rentable en médecine rurale, cette supérette vétérinaire avait été grassement subventionnée au nom de "l'aide à l'élevage". Moyennant mon abandon, on m'avait proposé un poste administratif dans un bureau; j'avais refusé. J'avais décidé de finir dans ce que je savais faire. Jusqu'à à ma retraite... en 2003 !

 

"Combien sont-ils ? Une multitude... Combien sommes-nous ? Un... Alors encerclons-les !..."

(Cervantès)

 

Je me mis donc en disponibilité, fis construire un petit cabinet et continuais à consulter les grands animaux - du Mt Dore à Bouloupari = 55 km) à partir de mon domicile - aux mêmes tarifs d'assistance et donc à mes frais. Et sans l'intendance dont j'avais disposé auparavant. J'organisais donc ma tâche méticuleuse d'épouilleur d'abeilles (sans portable). Je faisais tout moi-même, du ménage aux commandes de pharmacie, des consultations à la chirurgie ambulatoire... Nuit et jour sans repos. Je ne transférais que la chirurgie des petits animaux vers la ville. Je me souviens du week-end de Pâques 1999 [...] Faire simple, rester pertinent, sans trop d'erreurs. De la colère, du dépit ? Pas tant que je travaillais.

Mais après plus de deux ans d'une activité en surchauffe, j'étais abattu...

 

 On est arrivé au sommet du mont Kwa au lever du jour. En bas dans la brume, la Vallée des matelots et la petite tribu de N'Dé. Au loin, bourdonnement des voitures et grondement du Pacifique. J'étais en sueur, Mutin soufflait des naseaux. Le libérer et allumer une cigarette. Continuer ou m'associer ? Je ne redescendrai que ma décision prise.

... Mon chef de service (Desvals, membre actif du RPCR) avait marié sa fille à un de mes concurrents et les subventions mensuelles de leur affaire avaient encore été augmentées (400.000cp/mois) J'intentai un procès sans conviction; je le perdis. Les chers confrères pouvaient se reposer 3 mois/an et consulter à l'œil selon la rentabilité de chaque cas. Je faisais le reste (les bovins). "Qu'est-ce que tu t'emmerdes pour ça... m'avait demandé l'un d'eux. Je préférais le boulot bien fait au boulot rentable... Ces types n'étaient pas des ploucs ! Pas de vrais ploucs; ils n'étaient que des flingueurs d'étoiles procéduriers auxquels je faisais encore de l'ombre. Ils m'intentèrent même un procès pour "exercice illégal de la médecine vétérinaire" des petits animaux (!) et je leur versais 200.000cp de dommage et intérêts.

Oh confraternité, cette haine vigilante !...

 

 Jamais je ne pourrai continuer comme ça. Jusqu'à présent, la clientèle marchait bien, les clients interrogatifs m'assuraient de leur soutien, mais je n'en pouvais plus. En outre, il y avait un projet d'autoroute, de conduite d'eau et de ligne haute tension dans le coin... Mon espace vital, le terrain, les animaux, tout ça était devenu invendable ni même cessible. Deux ans plus tôt, j'avais pris un coup de pied en pleine gueule par faute d'inattention, par épuisement d'automate. En clinique à mon insu, j'avais fini par acquérir une intuition d'artiste. Je savais que j'étais bon, mais je me sentais physiquement moins sûr : Franchir la barrière d'un stockyard, pincer des yeux pour un nœud délicat... ma forme déclinait. On était en Mars, il me fallait aussi remplir une feuille d'impôt sur mes revenus 1999 dont je n'avais aucune idée : Depuis 21 mois, je ne bossais plus pour gagner de l'argent...

Un ami toubib m'avait prévenu : Toi, tu vas vers la dépression. Ah ouais ?*

 

 Alors j'ai resellé Mutin et on est redescendu des collines. A l'approche de chez moi, j'entendis des chiens et les voitures sur le gravillon de la cour. Tiens, déjà 7h ? C'est dit : Aujourd'hui, je téléphonerai. Arrêter à la fin de ce mois et prendre ce poste administratif dans un bureau sur le port, contrôler les marchandises et les denrées alimentaires au SIVAP jusqu'à ma retraite officielle... Dans trois ans !

 

 Le premier client de ce matin-là fut un chat avec un hameçon dans la bouche.

- Faut vous arrêtez de fumer, Docteur, vous avez les yeux tout rouge...

 

(Rédigé en août 2003)

 

* La déprim' ou l'amour ? Plein de gens ne tomberaient jamais amoureux s'ils n'en avaient entendu parler. La déprim' c'est pareil...

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En ville, on ne ramasse plus les mangues tombées sur le sol !

Pass' qu'on ne manque de rien, ou la terre est-elle trop basse ?

(Note- 2010)

 

 

 

La santé animale doit se rentabiliser au maximum. Mon espace vital et mon métier n'étaient plus pertinents. Ma façon de l'exercer "à l'ancienne" était obsolète. Sans m'en rendre compte, je suis devenu incongru.

 

Dix ans plus tard (et sans relation de cause à effet) l'élevage local 2012 est sous perfusion. Environ 60% de la viande est importée avec la bénédiction (libérale) des gouvernants locaux. Les néo-consommateurs urbains s'étourdissent devant la profusion des grandes surfaces. L'époque est à l'élevage en feed-lot, à la viande industrielle pré-conditionnée; celle de bonne qualité des éleveurs de brousse est estimée trop coûteuse... Alors quelle autonomie ? De quelle "indépendance" parle-t-on ? En viande, comme dans le minier, on peut s'inquiéter de la future souveraineté  d'un pays qui ne préserve déjà plus la sauvegarde de ressources locales... Tout ça n'est pas une révolution, c'est une adaptation à une économie entièrement conçu pour entretenir la foi dans un "système". La population ? On ne lui demande pas d'avis.(voir le Traité européen...))

 

Personellement, je m'en fous , mais que sais-je faire d'autre que mon métier ? 

Ainsi, il n'y avait pas que la perte de mon boulot...

 

Césarienne à PL ++ 

Césarienne réussie sur un veau mort (1992) 

Aujourd'hui (2012) on ne fait pratiquement plus de césariennes. Une telle mère, incapable de vêler seule, est abattue pour des raisons économiques. Sa carcasse, surmenée par les efforts, sera transformée en "fabrication" (préparation cuite : collectivités, Mc Do, charcuterie...)

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Présentation

  • : Sagamore, le dernier des ploucs !
  • : La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
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Au hasard des pages...

"L'Histoire est la science du malheur des hommes... Pas de malheurs, rien à raconter" (R. Quenaud)

"Les véritables victimes de Tchernobyl ? Elles ne sont pas encore nés."

(Un nuke3.0 allemand) :

 

« Le capitalisme est la croyance stupéfiante

selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires choses

pour le plus grand bien de tout le monde »…

J.M.KEYNES

 

"- C'est quoi, une bonne mère ?

- Une femme que son mari va quitter" (F. Dolto)

 

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue" ( Victor Hujo)

 

"Quelle est l'utilité d'une maison installée dans un merdier* invivable ? "

(D'après DH Thoreau qui écrivait "planète"...)

 

"Il nous faut créer une démocratie conforme aux marchés."

(A. Merkel -2011)

 

 

« Si le climat était une banque,

les pays occidentaux l'auraient déjà sauvé »

Discours d'Hugo Chávez

 

 Le Mal au nom du bien,

une des plus vieilles histoires du monde...

(Ds un bouquin...)

 

"Se réclamer d'une religion dispense-t-il de toute morale ?"

(Amin Maalouf, sur Fr. Inter)

 

"Dans une crèche,
les bébés considérés comme leaders
sont les plus gentils"
(H. Montagner)

 

 

"Quand l'eau est pure,

je lave ma tête.

Quand l'eau est trouble,

je lave mes pieds"

 (Wang Shu) 

 

"Quelle est donc cette nostalgie

qui réarme partout les monstres oubliés ?

Et ce siècle tout neuf, comment le peupler

autrement que de tous nos regrets ?"

Doris Evans

 

"Sonne les cloches qui peuvent encore sonner.

Oublies ton offrande parfaite.

Il y a une fissure en toute chose.

C'est par là que pénètre la lumière."

(Dans la dernière chanson de Léonard Cohen,)

 

 

"Le roi est nu !"

cria l'enfant.

(Hans Cristian Andersen)

  

"Que faire de sa soif, dans un pays sans eau ?

De la fierté, si toutefois le peuple en est capable"

(Henri Michaux- Poteaux d'angle) 

 

"Tu ne te conformera point

à ce monde qui t'entoure."

(Commandement mnémmonite) 

 

 

"je ne sais pas quelles armes seront utilisées

pour la troisième guerre mondiale, si elle a lieu.

Mais la quatrième se réglera à coups de massue."

(A. Einstein)

 

 

"Tout

dépend

de tout le reste." 

(Bouddha) 

 

"A la vie, on emprunte même les os"

(Pablo Neruda)

 

"Ca n'est pas radical d'essayer de sauver les derniers 5% de nos forêts.

Ce qui est radical, c'est d'en avoir coupé 95%."

(D. Mc Gwan, à Durban)

 

Partout, dans le droit des peuples,

existe le mot "pays"

Nulle part le mot "planète"

(ds un mail)

 

Assise dans le fossé,

elle mâche un brin d'herbe 

et regarde passer mes wagons de projets.

Sa manière de vivre...

le nom le plus secret de l'amour ! 

(Marie-1996)

 

"Entre être libre, ou rester calme,

il faut choisir"

(Thucydide - Ve S av JC) 

 

T'es loin d'êt' con,

mais y'a des fois où tu t'en rapproche...

(...Un ami !)

 

"Chaque mois, l'allumette se rapproche de la mèche..."

(J.Stiglitz. le triomphe de la cupidité - 2010)

 

C'était du temps où les mots

étaient du côté des choses...

 (M. Genevoix- En parlant de la guerre 14-18)


Mon métier, c'était vétérinaire,

Du moins je préfère le croire.

J’ai perdu  les enthousiasmes et les protections de mon métier,

Accessible à tout, je suis enfin libre.

  (Note - Mars 2001, à la retraite)

 

Tous les jours...

 

 

 

 

 

 

"Nous nommons notre régime Démocratie

car l’état s’y gouverne en fonction non pas d’un petit nombre,

mais de la majorité »

(Thucydide, II, 37)

 

"Ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,

c'est que c'est toujours la Morale des autres"

(Léo Ferré) 

 

"J'aime aller au marché

pour contempler toutes ces choses

dont je peux me passer."

(Socrate par Kornfield)

 

Certains préfèrent

le parfum de la rose à l'odeur du chou,

Ils pensent que sa soupe est meilleure...

(?)

 

 "Le bonheur ?...

Il vient souvent sonner à ta porte.

Seulement  voilà, toi t'es parti en visite,

dans tes projets, tes rêves,

tes peurs, tes illusions..."

(Marie -1998)