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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 00:00

 

 

(It will have to do until the real thing comes along - Sammy Kahn 1953,
  repris et transcrit par J. Clerc dans un inédit superbe.)

"Si t'as besoin de demander ce qu'est le jazz, tu ne le sauras jamais."

 (Louis armstrong)

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Vive les experts :

Ils viennent de découvrir que les insecticides nicotinoïdes sont responsables de la mort des abeilles...

  N'importe quel plouc sait ça depuis 45 ans !

(Sce : Nature 2012)  

 

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Mon blog s'intitule " Le dernier des ploucs"

Je suis né avec Glenn Miller et le Coca-cola en Europe. Et si je réussissais le concours des "grandes écoles", je serais véto rural. Dans ma promo des années 60, l'option "grands animaux" était déjà un choix minoritaire. Faut rappeler qu'au sortir de la guerre, on avait vu le pays soigner ses plaies, nos parents bosser dur et que les baby-boomers n'étaient pas des manchots. La plupart d'entre nous étions des provinciaux, avec une seule chaîne en NB, des chiottes sur le palier ou la cabane au fond du jardin... Mais on avait des idées, dont une qui les englobait toutes : On ne voulait plus de guerre, quelqu'en fussent les logiques et les formes (mai 68)

Pourtant aujourd'hui, 35 ans plus tard, il semble que l'histoire veuille remettre ça...

 

Mon enfance fut nourri de l'exemplarité des anciens et des récits romanesques de vétos légendaires (Le Dr Klein) Je ne rechignais pas au boulot mais des remplacements alimentaires m'ont vite déniaisé sur la réalité du métier...  On était loin de la vie proche de l'idéal que j'avais imaginé : Véto rural était  d'abord une vocation bien  peu lucrative: de l'endurance physique à odeur de bouse, sans loisirs programmés ni horaires définis à l'image des ploucs et comparée à la pratique citadine en plein développement. En bref, vivre chez les ploucs supposait une forme d'ascèse que je devrais faire partager à ma futur compagne.

 

... A Réquista dans les années 60, le véto était encore une "personnalité" au même titre que les édiles qui ne se commettaient jamais le dimanche sur la place du marché pour faire un carton au stand de tir (Note 1967)...

... Beaucoup de mes patrons-employeurs, à la notoriété reconnaissante levaient le coude pour ne pas baisser les bras... (1971)]

 

Sursitaire, je profitais d'un séjour de VAT outre-mer pour m'initier à d'autres pratiques doublées d'un humanisme qui ne disait pas son nom. Je n'en suis jamais revenu. Mieux,  je fus un des derniers vétos à travailler en élevage sous contrat de l'Administration ou d'une collectivité. Ce statut en CDD m'évitait d'acheter une clientèle, d'emprunter pour 15 ans à la banque et surtout m'octroyait une totale liberté de temps et d'action. Etre payé au mois fut la chance de ma vie; et j'ai plus d'une fois éludé toutes propositions d'avancement, de promotion qui m'eurent surtout éloigné de mes compétences acquises et de l'existence qui me convenait. Débarassé des contraintes de rentabilité ou de concurrence, je bossais dehors à plein temps pendant que mes confrères s'initiaient à la gestion comptable et à la subtilité fiscale. En fin de journée, je pouvais retourner voir cette vache en gestation de quadruplés chez Vayabouri à Langevin (3/8/76)...  

Mes revenus garantissaient mes pensions alimentaires et autres obligations choisies. Pour le reste... Un peu de bénédictin ne nuit pas  (1986)...

 

Tu veux savoir comment je vis ?

D'abord seul. Pendant 25 ans, je n'ai jamais fermé ma maison à clé. Chez moi il n'y a pas de chaises ni rien à voler. et je n'ai jamais acheté une bouteille de gaz [...] Etre libre, ce n'est pas seulement être débarrassé de ses emmerdements, c'est faire en sorte de s'en créer le moins possible qu'on ne puisse assumer[...]  "Simplifiez, simplifiez" disait le maître... et je repense à ce héros de Tourgueniev qui se suicide parce qu'il ne pouvait simplifier sa vie... (Dans un mail 2002)

 

Dans mon boulot, j'étais un "workaholic". Mais en marge des animaux, je cotoyais des gens cohérents, abrupts, plutôt conformistes et parfois chiants, mais jamais vulgaires. La plupart des ploucs existaient loin du factice et de la crise de la pensée ambiante....

 

Alain, le philosophe de droite, écrivait : "Penser, c'est dire non !" J'appris à penser (parce que ça s'apprend). Seul, au volant de la voiture, au sein même de ma fébrilité, j'appris à intérioriser des plages de calme, privilège inestimable ! D'instinct, je quitte la foule, le conglomérat qui rassure. Au-delà d'un seuil, le collectif empêche la partie la plus humaine de nous-même : le discernement et la réflexion. On ne fait pas de l'intelligence avec des forces aveugles de la multitude, celle qui fait et qui subit l'Histoire. Pourquoi les foules vont-elles en chantant vers leur malheur ? (1974) N'est-ce point que ceux à qui elles se donnent ont l'art de les faire croire ?(Elections de 2007) Les peuples n'ont cessé de croire en des dictateurs polymorphes et continuent encore à faire confiance à des démagogues qui les abusent, mais qui les enchantent tellement...

  

Les temps changent. Jamais le monde contemporain n'a été aussi prospère. Mais les passions demeurent les mêmes. A peine un demi-siècle, alors que les ploucs disparaissent, les vieux démons ressurgissent, que ma génération pouvait croire à jamais exorcisés. Au moins en Occident. Les voyants, les créationnistes et les experts sont de retour. Et avec eux, les maléfices de la pauvreté et la xénophobie, l'ignorance et la laideur, la drogue et la nostalgie de l'admirable...

Encore raté ???...

 

Sans me couper du monde, mon métier me tenait au contact de la Vie ontologique en m'épargnant la promiscuité et la servilité mentale. (Soixante-cinq ans que je ne digére toujours pas l'internat et le métro à 18h...)

 

Aujourd'hui, je pige que si l'on croyait davantage en ce que l'on vit - comme en ce que l'on dit - si on était davantage relié à ce que l'on vit par l'intérieur, notre pensée ayant du sens, la vie de la plupart des gens en aurait aussi...

Sauf handicap atavique de la conscience, pas besoin de télévision à deux heures par jour ! [...]

(Rédigé en 2008)

 

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  L'actualité me consterne !

"Ce monde est-il sérieux ? "(comme chante Cabrel)

 

 

 

Ce sera mon dernier article pour un bout de temps.

J'entre dans une période de turbulences autant médicales qu'informatiques :

Les interfaces ont changé...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Sagamore, le dernier des ploucs !
  • : La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
  • Contact

Au hasard des pages...

"L'Histoire est la science du malheur des hommes... Pas de malheurs, rien à raconter" (R. Quenaud)

"Les véritables victimes de Tchernobyl ? Elles ne sont pas encore nés."

(Un nuke3.0 allemand) :

 

« Le capitalisme est la croyance stupéfiante

selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires choses

pour le plus grand bien de tout le monde »…

J.M.KEYNES

 

"- C'est quoi, une bonne mère ?

- Une femme que son mari va quitter" (F. Dolto)

 

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue" ( Victor Hujo)

 

"Quelle est l'utilité d'une maison installée dans un merdier* invivable ? "

(D'après DH Thoreau qui écrivait "planète"...)

 

"Il nous faut créer une démocratie conforme aux marchés."

(A. Merkel -2011)

 

 

« Si le climat était une banque,

les pays occidentaux l'auraient déjà sauvé »

Discours d'Hugo Chávez

 

 Le Mal au nom du bien,

une des plus vieilles histoires du monde...

(Ds un bouquin...)

 

"Se réclamer d'une religion dispense-t-il de toute morale ?"

(Amin Maalouf, sur Fr. Inter)

 

"Dans une crèche,
les bébés considérés comme leaders
sont les plus gentils"
(H. Montagner)

 

 

"Quand l'eau est pure,

je lave ma tête.

Quand l'eau est trouble,

je lave mes pieds"

 (Wang Shu) 

 

"Quelle est donc cette nostalgie

qui réarme partout les monstres oubliés ?

Et ce siècle tout neuf, comment le peupler

autrement que de tous nos regrets ?"

Doris Evans

 

"Sonne les cloches qui peuvent encore sonner.

Oublies ton offrande parfaite.

Il y a une fissure en toute chose.

C'est par là que pénètre la lumière."

(Dans la dernière chanson de Léonard Cohen,)

 

 

"Le roi est nu !"

cria l'enfant.

(Hans Cristian Andersen)

  

"Que faire de sa soif, dans un pays sans eau ?

De la fierté, si toutefois le peuple en est capable"

(Henri Michaux- Poteaux d'angle) 

 

"Tu ne te conformera point

à ce monde qui t'entoure."

(Commandement mnémmonite) 

 

 

"je ne sais pas quelles armes seront utilisées

pour la troisième guerre mondiale, si elle a lieu.

Mais la quatrième se réglera à coups de massue."

(A. Einstein)

 

 

"Tout

dépend

de tout le reste." 

(Bouddha) 

 

"A la vie, on emprunte même les os"

(Pablo Neruda)

 

"Ca n'est pas radical d'essayer de sauver les derniers 5% de nos forêts.

Ce qui est radical, c'est d'en avoir coupé 95%."

(D. Mc Gwan, à Durban)

 

Partout, dans le droit des peuples,

existe le mot "pays"

Nulle part le mot "planète"

(ds un mail)

 

Assise dans le fossé,

elle mâche un brin d'herbe 

et regarde passer mes wagons de projets.

Sa manière de vivre...

le nom le plus secret de l'amour ! 

(Marie-1996)

 

"Entre être libre, ou rester calme,

il faut choisir"

(Thucydide - Ve S av JC) 

 

T'es loin d'êt' con,

mais y'a des fois où tu t'en rapproche...

(...Un ami !)

 

"Chaque mois, l'allumette se rapproche de la mèche..."

(J.Stiglitz. le triomphe de la cupidité - 2010)

 

C'était du temps où les mots

étaient du côté des choses...

 (M. Genevoix- En parlant de la guerre 14-18)


Mon métier, c'était vétérinaire,

Du moins je préfère le croire.

J’ai perdu  les enthousiasmes et les protections de mon métier,

Accessible à tout, je suis enfin libre.

  (Note - Mars 2001, à la retraite)

 

Tous les jours...

 

 

 

 

 

 

"Nous nommons notre régime Démocratie

car l’état s’y gouverne en fonction non pas d’un petit nombre,

mais de la majorité »

(Thucydide, II, 37)

 

"Ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,

c'est que c'est toujours la Morale des autres"

(Léo Ferré) 

 

"J'aime aller au marché

pour contempler toutes ces choses

dont je peux me passer."

(Socrate par Kornfield)

 

Certains préfèrent

le parfum de la rose à l'odeur du chou,

Ils pensent que sa soupe est meilleure...

(?)

 

 "Le bonheur ?...

Il vient souvent sonner à ta porte.

Seulement  voilà, toi t'es parti en visite,

dans tes projets, tes rêves,

tes peurs, tes illusions..."

(Marie -1998)