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La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)

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..ël est une ordure !

 Aurélie Pouembout NB 1983

 

Dans le post précédent, j'évoquais la dette post-mortem du père Leyraud en contrepartie de la castration de 21 chevaux adultes...

En vrai, je n'ai jamais regretté mon peu d'opiniâtreté à recouvrir mon dû : Son fric, qu'il se le garde...

Pourquoi ?

1) A chaque occasion, je ne manquais pas de rappeler à ce vieux messieurs (très) riche qu'il restait mon débiteur ! Héhé...

2)  Je n'ai jamais été procédurier et, faute de secrétariat, pas envie de donner suite : Mon agenda était à bloc et je faisais 230 km/j et 5jours par semaine ...Bref, j'ai "lâché prise" avec, en prime, la tranquillité de l'esprit (Note 1991)

3) Si je n'avais pas fait le boulot moi-même, c'eut été celui des "hongreurs" qui sévissaient encore en brousse. Et à maintes reprises, pour avoir observé ces cow-boys empiriques, leur bestialité gratifiante et la souffrance vive qui  faisaient spectacle (les accidents n'étaient pas rares et il m'est arrivé de passer derrière eux) j'ai donc opté pour l'humanisme le plus basique. Ce boulot, je l'eus même exécuté gratuitement à ma façon : Calmement, en toute sécurité, sans douleurs inutiles, sans suites fâcheuses... mais pour  100 franc symbolique !

 

*En photo, ma fille en 1983 à Pouembout... Aujourd'hui, 34 ans au Canada ! 

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Au début du mois d'août, le globe terrestre traverse un essaim de poussières sidérales : les perséides*. On parle alors de nuit des étoiles filantes (visibles dans la constellation du Lion) Chaque année au mois de Décembre, je traverse mes perséides à moi : La chaleur, les fêtes carillonnées, les mouches, les anniversaires et la vulgarité !

 

 Noël, c'est d'abord l'initiation précoce des enfants au mensonge, au chantage et à la corruption neo-libérale & consommatoire ! Noël, c'est aussi les "réunions de famille ", l'occasion de régler ses comptes, ou dans la religion chrétienne, le théâtre des non-dits... Pas pour rien que tous les polars classiques - que j'ai lu - se situent à Noël (A. Christie, Higgins Clark, C. Blyth, T. Capote...)

 

Noël à la radio 2012, c'est les déboires du RUMP, l'élection de miss et des dindes fermières de Loué (authentiques, les dindes !) sur  fond d'émotion low cost, de trivialité convulsive et de tiroirs-caisses. Passons...

 

Noël, c'est aussi l'intrusion du mailing dans la BP - lieu public de 3500 cm3 que je loue à l'année plus cher qu'un F2. C'est l'ingérence des spam à l'écran, l'intrusion occulte du marketing dans ma sphère personnelle. (A unscriber sans supprimer les sérieux.)

En ville,  on ne peut éviter la liesse populaire, les rituels grégaires, les pétards et les accidents de voitures...

Dans mon carnet d'adresses, c'est les migrations collectives et les convulsions hivernales. Et le sentiment de déréliction qui va avec. Difficile d'y échapper ! Mais ne vaut-il pas il mieux évoquer les Noël du passé que la guerre d'Algérie ?...

 

(Propos de vieux con ?? Pas vraiment. Tous les ans c'est pareil depuis 40 ans...)

 

 

Plus personnellement, je suis né Centaure (moitié homme, moitié cheval, entre Capricorne et Ophiuchus) = Sagittaire signe de feu toute l'année, sauf en décembre où je deviens combustible : Anniversaires personnels ou familiaux avec Henri IV, deux tantes, ma mère, 2 de mes ex-, mon conseiller fiscal... et mon cheval préféré !

Chaque année quand j'étais gosse, je rêvais d'embarquer sur le traineau du Père Noël vers un feu de bûches non comestibles et sans conservateurs. Plus tard en décembre, je suis toujours aussi partagé entre fatalisme ironique et réprobation anxieuse. Aujourd'hui, une forme de solitude au solstice d'hiver est un luxe.

 

Quand j'étais étudiant, je faisais des remplacements ou m'inscrivais en service de garde - avec des moments mémorables. Ou bien je m'engageais dans n'importe quel service un peu marginal comme enregistrer des textes ou lire des contes...

 

 

Décembre 1994 - ... Je me suis proposé comme volontaire auprès d'une association anti-alcool au volant = Sur appel, ramener les gens imbibés chez eux [...]

  

Vers 1h de cette nuit de Noël 1994, j'allumais mon diesel pour aller récupérer un couple en rade vers Magenta. La traversée d'Undemia n'est pas éclairée, et je faisais gaffe aux gens qui s'étiraient au bord de la route, de retour de la messe de minuit. Soudain, dans les phares d'une voiture en sens inverse, j'entrevois un type couché en travers de la chaussée. Coup de volant je l'évite en passant à côté de sa tête. Que croyez-vous qu'il arriva ? Les marcheurs au bord de la route ont-ils dégagé ce jeune homme ivre ? Pas du tout. Le lendemain j'entendis à la radio que le type avait été tué par le véhicule qui m'a suivit...

 

  4887682-Buddhist Statues Koyasan

 

 

 

 

 

 

Les six Jizô. (Un très ancien conte bouddhique)

 

... Matsuda est un homme très pieux et très myope.

  

Il adore Amida, le Bouddha céleste. Il éprouve une respectueuse admiration pour la déesse Kwannon, très belle et très bonne. Mais c'est Jizô que Matsuda vénère le plus. Jizô est l'ami des enfants. Il les console quand ils percent leurs dents, il les berce lorsqu'ils pleurent et que le parents sont absents. Il est le compagnon de jeux des enfants morts.

jizo 1Voulant honorer Jizô, Matsuda en commande six exemplaires en pierre au marchand de statues Takezawa. Celui-ci lui promet de faire diligence et de surveiller lui-même la taille des sculptures. Elles seront livrées dans deux mois.

Lorsque le jour arrive, Matsuda se rend chez Takezawa et demande à voir les statues avant de les faires installer chez lui. Malheureusement, un retard de livraison imprévu fait que le marchand ne possède pas encore les objets. Ce dernier hésite à confier la vérité à Matsuda. Il demande à un ami et deux aides de son magasin de jouer le rôle des statues. Il les maquille, leur met des vêtements adéquats et leur demande de rester parfaitement immobiles le temps de la visite.

Il fait entrer le commanditaire dans une première pièce et lui présente trois des statues. Puis, il conduit Matsuda vers une seconde pièce. Pendant ce temps, les trois compères se déplacent dans l'autre salle. La myopie dont souffre Matsuda fait que ce dernier ne voit pas le subterfuge. Néanmoins il demande à juger de l'effet produit par les six Jizô réunis. Très ennuyé, le marchand explique qu'il n'a pas d'endroit assez vaste pour présenter les six statues ensemble mais qu'il se fera un plaisir de lui faire revisiter la première salle. A ces mots, les faux Jizô se dépêchent pour rejoindre le lieu de la première exposition.

Matsuda, entendant du bruit derrière lui, se retourne et voit les trois Jizô courir vers l'autre pièce. Il revient sur ses pas pour se trouver face à l'un d'entre eux. Ce n'est plus une statue mais un Jizô bien réel. Matsuda comprend alors la supercherie du marchand qui a abusé de sa myopie et de sa piété. Il est prêt à rentrer en colère mais pardonne tout de même à Takezawa car il se souvient de la parole de Bouddha: « Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle? ».

 

 

 

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