La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Déchéance et chute des corps ?
Ô arme absolue,
mon rateau à feuilles...
(7, 5, 5, Héhé)
On vit tous dans un espace à 3 dimensions (+ le temps) Dans mes notes, ces grandeurs interfèrent sournoisement les unes avec les autres. Un calcul rénal oblitère mon travail, et les émois amoureux m'écornent l'éthique. Ces interactions pourraient se calculer selon les "fractales" mathématiques de Mandelbro t.(1996)
Aujourd'hui, je considère mon passé par décennies; je vis comme je peux, au jour le jour, et j'espère mon futur à l'année (sauf quand je conduis sur la RT1 entre 15h et 17h !)
J'ai perdu la dimension professionnelle il y a 12 ans (pour n'y renoncer qu'il y a 13 mois...)
Le moment est venu de réaménager doucement la surface qui me reste, D'un équilibre à un autre retrouvé, on appelle ça "marcher"... jusqu'au dernier tome de ma "légende personnelle".
T'écrire participe de ce rajustement...
En abscisse, j'entretiens le nécessaire normal (qui est devenu le suffisant)
Ranger, se nourrir, réparer, planter, nettoyer... Mais je m'efforce autant que possible d'y joindre un supplément de verticalité : Y mettre du cerveau, (au lieu de "faire en chiant") Ce qui donne valeur et efficacité à une activité, c'est l'attention avec laquelle on l'exécute. (Certains parlent de Conscience) Ca change tout : Réparer pour comprendre, faire durer pour résister, convertir pour imaginer, manger pour vivre (slowfood), planter pour matérialiser le temps qui passe ( 6 mois ou 50 ans) ranger pour faire du vide, donner pour le plaisir, débarrasser pour agrandir (y compris dans l'ordinateur) bla bla...
En bref, simplifier pour militer. Et aussi pour se protéger. Notre époque est à l'auto-protection et à la résistance de l'humanisme contre l'ignorance, de la tolérance contre le moche, de la compassion contre le vulgaire, du travail bien fait pour soi contre le travail rentable pour d'autres,...(*J'y reviendrai) Que dire contre la méchanceté ? Redevenir un vétérinaire prudent... Evidemment, contre la sottise lourde et bien identifiée... pas grand'chose à faire !
Simplifier donne du sens, pour éviter la surcharge et voyager léger. (Acte juste)
Méfies-toi des Fronts. De libération, populaires, de gauche, national... Tôt ou tard, sur les fronts poussent les bosses et les cornes... (Note 1983 - J'ai ajouté "de gauche" en 2012)
L'horizontale me fait rencontrer des personnes et quelques personnages que j'écoute. (S')informer, (se) consoler, soulager le mieux possible. Mais aussi en éviter d'autres individus, les vraies taches, pour ne pas médire, ragoter ou polémiquer vainement (Sur un blog, on s'informe, on se marre, mais on n'a jamais convaincu ni converti personne ! Tout juste obtenir un rencart...
Près du buffet, une jolie femme discrète attire les regards. D'enfer !
J'engage une banalité et je reçois gentiment sa trivialité en pleine gueule. Zut ! Un fantôme de charme [...] L'habit ne fait pas la nonne ! Autant ne pas tenter de la mettre à poil pour vérifier.[...] Plus tard, je m'occuperais de son cheval (Mars 1995)
Prendre le temps. Tous les mégolâtres (ou les fondues de chocolat) savent qu'il est plus aisé de changer de boulot que d'abandonner des addictions. Chasser une routine la fait désespérement revenir, comme les kilos d'un régime trop sec. Remplacer un conditionnement par un autre est impossible, mais le modifier doucement est accessible. Donc agir légèrement.
Evidemment, j'oublie, je me trompe, je me piège, je fais des erreurs... alors je me répète (Héhé...) Le durable aime ce qui se construit lentement... (M. Serres-Le contrat naturel )
... A la limite du village, je pose mon sac à l'ombre et j'attends L***. Sans doute a-t-elle rencontré des cousins. Ou négocie-t-elle le passage du col à 5000 avec quelques dieux du coin [...] Là-bas, des gosses construisent une cabane. L'un pose une planche, un autre gosse l'enlève, en essaie une plus grande. Ils délibèrent, hésitent, recommence avec soins. Les construction des gosses se font par tâtonnements. Ils ont le temps, et de l'imagination. Leur plaisir s'émousse dès que la cabane est finie. Leur but atteint, l'intérêt a disparu, ils en construiront une autre [...] Il y a encore un mois, je m'inquiétais toute la journée des gîtes à atteindre avant la nuit. Puis des suivants... Aujourd'hui, je ne sais même pas où on est. Je regardes les paysages qui se succèdent et je fais gaffe à mes pieds...
(Pokkara -1992)
J'essaye de me conserver "en forme" (De quoi ? De bonsaï = petit espace + terreau + petits soins) : Perdre du poids, poncer les pieds et le cerveau crevassés par la piste, m'ajuster à l'effort conscient... Doucement, doucement... (Doucement ne signifie pas "lentement", me précise Katchou, la demi-gouttière endormie en haut de l'écran mais qui ne rate pas une ligne de ce que j'écris...)
La trajectoire de chacun est circulaire, répétitive : Le café-cigarette du
matin, le coup passable du samedi soir, la messe du dimanche, voter Sarkosi tous les 5 ans... A chacun ses habitudes, ses rituels automatiques et programmés. (Dès qu'on les bouscule (vacances)
= anxiété contenue qui se "défoule"). J'ai ma propre liturgie que je cultive depuis longtemps.
Habitant seul, je me suis élaboré quantité de moyens habiles, autant de rappels, de jalons : Les mêmes gestes, les mêmes musiques, la même bouffe, des pauses immobiles... Ne pas confondre "recommencer" et "répéter". Il en résulte un comportement insolite pour qui n'est pas averti. D'où une solitude calculée qui est un avantage certain : N'imposer à personne une diète de 3 jours, ne pas redouter leurs avis (Lâcheté) Rien de chamanique, de new-age ou d'ésotérique. Que du (physio)logique, même si parfois, je fais disparaître quelques petits nuages dans le ciel ou apparaître des visages dans une pierre (Chuut !...)
Quand, à l'aube nouvelle, une hanche me trahit (douloureusement), qui accepterait de voir un mec à poil et à quatre pattes en route vers le bassin à poissons... pour s'immerger avec eux ?
Parfois mon "campement" (et ma voiture) est en vrai bordel. Y faire la vaisselle peut attendre une semaine... Je le sais, j'y suis à l'aise car c'est une maison habitée – pas un catalogue de Fly ! !
Etre seul responsable dégraisse les automatismes et évite de se maquiller du corps et de la tête. C'est une sorte d'hygiène mentale en prévision des inéluctables turbulences à venir (Impermanence) On apprend à gérer l'Emotion industrielle, cette plaie envahissante comme la pub, comme les myxovirus de l'information continue, ces corruptions douces. Nul n'y échappe sans un minimum de vigilance à acquérir ! Là, je m'améliore...
L'exemple du moment : Après avoir testé, adopté ou éliminé d'autres pistes, je progresse (pour l'instant) dans deux directions :
1) Faire gaffe aux suppositions hasardeuses, aux soupçons et préjugés qui créent les envies, les trouilles ou les remords. Me méfier des enthousiasmes, des dégoûts, des colères, de ce que j'appelle les "crises de métempsychose". Elles me font grimper dans la première caravane qui passe...
2) Ne pas faire une histoire personnelle de ce qui peut survenir. En Calédonie, c'est à l'origine de bien des malentendus. Ainsi je m'offense moins de ne pas savoir ou de désobéir à ce qui, autrefois, fut une obligation, un devoir jusqu'à l'asservissement. Si je me sens moins phagocyté par le sociétal du moment, je reste ouvert à l'écoute, à la compassion, à l'empathie. Là où j'habite (sans aucune clotûre), je suis le seul à plaisanter avec des gens qui s'épient derrière des barbelés depuis 2 générations. Passons...
Se voir sans être vu, ça calme, ça libère (Pensée juste) Au force de m'observer, j'ai parfois le sentiment d'être à deux dans la même peau. (Border-schizo ? Pas si facile...)
Quant à la Parole juste - celle par laquelle le monde devrait être moins stupide et plus beau – c'est encore au-dessus de mes forces... Je me contente de lire les paroles des autres. Près du lit ou sur une table, j'ai simultanément 3 sortes de lectures. Des bouquins faciles (récits, polars, poèmes...) des mots croisés force 2 à 7, mais aussi quelques auteurs qui me passent au-dessus de la tête. Je les reprendrai plus tard, le moment venu, comme j'admire aujourd'hui des trucs d'improbables ou incompréhensibles il y a 10 ans. Le décryptage abstrut m'invite à la patience ou à l'étonnement. Ca équilibre l'insignifiance et console de la médiocrité en forme de commentaire sportif...
La 2eme dimension de mon existence était mon métier. Il a (presque) disparu avec le mode de vie qui le justifiait. Depuis le néolithique, le statut des animaux (de compagnie, d'élevage, sauvage) n'a jamais été aussi précaire. (A l'instant, un projet de 1000 laitières industrielles à la chaîne, dans la Somme – Voir NOVISSEN) Dans les années 60, notre prof de zootechnique envisageait un tel aboutissement de notre profession... sous les huées de tout l'amphi !
Et la 3eme dimension. (Héhé !...)
Dans les années 70, jeune diplômé "entrant dans la vie active", j'ai pressenti qu'il me manquait un truc (?) : Du sens, de la logique, du discernement ? En dehors des religions admises, j'ai une pleine étagère de quêtes historiques, d'essais personnels et d'observations rigoureuses. Car en la matière, on ne part pas de rien. Ethique, philosophie, gestalt, comportementalisme ? Peu importe les classifications... Après la consommation" la "consolation" et la reconstruction... Du taoïsme ancien [Feng Liu (feng = vent, liu = suivre] au baba-cool californien des années 50 [Slowlife] il existe des fils rouges universels que des gourous, le marketing ou les horoscopes ne tardent pas à récupérer. Comme quoi il y a de la demande, donc une aspiration tout aussi universelle.
Ainsi, là où je me croyais seul et original il y a 40 ans, j'ai découvert qu'il y avait du monde, beaucoup de gens sont en marche dans la même direction... (Essentiellement des Verseau, Balance, Vierge et Sagittaire, mais ça, on est pas obligé d'y croire)
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