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La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)

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Le dernier des ploucs ?...

 

 

You don't want being "friended" ?

http://www.rue89.com/2012/02/25/pourquoi-et-surtout-comment-ils-ont-quitte-facebook-229643

 

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- "Ouais, vous, les écolos,

vous êtes contre la fourrure, le nucléaire,

contre les insecticides et contre les OGM,

contre la corrida, le béton, la chasse, la pub...

contre les boules Quiès, le Prozac et les embouteillages...

 

Vous êtes contre le Progrès, quoi !

 

Qu'est-ce que je réponds à ça ?

Que je déteste aussi la Formule1 et Benjamin Biolet ?

Non, je ne réponds rien.

Alors il poursuit :

- Vous, la nature avec la grotte à la bougie...

(Là, normalement c'est : Ah oui, et ne pas oublier aussi la pilule...)

 

J'avais 6-7 ans. C'était encore un village de ploucs.

Une fois de plus, on sortait de la guerre comme d'une maladie. Encore une fois on avait oublié la douceur de vivre ! En quittant la petite mairie, mon grand père avait rejoint les autres sous les tilleuls. Ca parlait fort et y'avait de la gravité dans l'air...

 Ensuite, je suis parti en pension. A chaque vacance, le paysage avait changé. Des granges, des clôtures et des haies ont disparus. Des arbres aussi. Mon grand père maugréait ou ne disait rien. Quelques chemins avaient été goudronnés. Plus facile pour faire du vélo...

 

C'était quoi, le remembrement des terres ?...

C'était un truc pour voir les perdreaux de loin, pour qu'ils n'échappent pas aux battues. La fierté raide de mon oncle Lulu, quand il jetait un grand lièvre mort sur la table : Tiens, tu vas nous préparer ça avec du vin... Mais la bête attendait quelques jours à la cave, pour qu'elle soit mangeable !

Et après le remembrement des 30 glorieuses, y'a eu le lotissement. Je n'y ai plus jamais remis les pieds

 

On n'arrête pas le progrès dans l'absurde, mais on n'est pas obligé de le suivre. Trop de puissance, trop de néant. Même ado, quel est le malaise ? On ne se pose pas la question, on est dedans, comme avec les curés ou les boutonneuses d'Elvis Presley. N'en parler à personne. A qui confier qu'on voudrait quitter cet avenir pour un autre. Comment dire à nos proches : vos visions m'ont fait vivre un temps; maintenant elles me tuent... Partir, une résolution de pension. J'ai foutu l'camp ! Ô pas au bout du monde, bien sûr, mais là où j'étais, on le voyait...

 

Résilience, non pas dans une grotte (On n'en sait plus le chemin) Déjà, quitter la vie ancienne, ça fait peur - La maladie, c'est quand on est perdu, c'est l'incertitude des voies - Alors il faut sauter en avant d'un seul coup. Après, on verra...

 

Et ici, cinquante plus tard, ça peut recommencer pareil. En plus moderne, en plus mondial, en plus radical : Du sable au béton, de la piste poussiéreuse au rond-point "pacific-jardin", de la case en tôle aux cubes vue-sur-mer, de la réserve botanique aux tours sulfuriques... Et de l'amour baroque à l'amertume 2.0 : Les papes, les banquiers et les politiciens se battent toujours à mort autour du même tas d'sable. Et ils y invitent même les gosses, pour l'avenir...

 

Les gosses ? Pas tous !

Certains foutent aussi le camp. De force ou de gré. Par convictions, par peur. Par la pauvreté des cœurs ou de leurs assiettes. C'est le chômage ou l'I-Pad, militer ou réfléchir : Le salut du monde est d'abord individuel (Note 1985)... pour l'instant.

Mais c'est en train de changer. Je le lis partout.

Moi, je m'en sors plutôt bien...

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...  à lire jusqu'au bout !

 

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