La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Un vieillard parle à ses petits-enfants
– De mon temps, on moissonnait le blé à la faux, on attelait un cheval au corbillard et on marchait sur la lune...
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A mon
arrivée en 1980, la RT1 n'était pas goudronnée d'un bout à l'autre. Au-delà de Bourail c'était encore une piste poussièreuse entre deux rangs de barbelés, et qui n'était "coaltarée" que dans
les villages. Et ces villages, dispersés dans le silver-grass, sont toujours à distance régulière les uns des autres, celle d'un relais de poste... comme dans le folklore western
!
C'est bien connu, la présence américaine a vraiment secoué la léthargie et l'isolement du pays. La nostalgie en persiste encore. Et le mythe "western", diffusé par la télé, fut longtemps un paradigme du mode de vie des broussards.
Le tour de force du cinéma western fut de transformer une histoire sordide (la conquête de l'Ouest américain) en un genre comparable à la tragédie grecque ou au roman de chevalerie. Des chefs-d'œuvre western ne sont que chroniques détaillées de la destruction de la nature. Et les généraux Custer ou Sheridan relèveraient aujourd'hui du tribunal international pour génocide, comme Hitler, Milosevic ou Pol Pot ! La fièvre de l'or, le chemin de fer civilisateur, la nature hostile, la frontière qui recule, l'ambiance des tripots, la violence comme éthique ont fait le reste.
Personne mieux que les pionniers ont compris le fonctionnement d'un écosystème, mais pour mieux le détruire : Brûler l'herbe des plaines pour affamer les bisons, puis éliminer ou soumettre les indiens qui s'en nourrissaient et les enfermer dans des réserves. Remplacer le sauvage par le domestique, l'herbe par le maïs, les bisons par les vaches, les Indiens par les esclaves noirs ou des ouvriers chinois, pour mieux régner sur le nouveau monde, tel est le mot d'ordre du western, mais aussi celui de notre civilisation tout entière : Place au bétail !
La colonisation et le génocide comme épopée, voilà ce que les boers ont failli réussir en Afrique du Sud, ce que les français ont manqué
en Algérie, et ce que les multinationales du béton, du Nickel et de la chimie pourraient tenter aujourd'hui : La conquête du monde et la fin du sauvage présentées non comme une OPA* mais comme un
western...
Personellement, j'ai quelques raisons de croire qu'en matière de conquête minière sur le mode western, la Nouvelle Calédonie n'ait pas encore tout vu...
(Note 1991 - Je venais d'entendre parler de Goro Nickel et du traitement du minerai à l'acide sulfurique)
OPA : Offre publique d'achat. Opération boursière de rachat des actions d'une entreprise pour s'y rendre majoritaire.
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Dans le feuillage de la place, un oiseau-moine lance son trille pour séduire sa femelle. Quelques mains se portent fébrilement aux téléphones portables.
(Note 2009)
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L'île la plus proche du paradis... fiscal.
A propos du marché de la 3G, pas mécontent d'apprendre que le tribunal oblige le CA de l'OPT à revoir son attribution d'appel d'offre au cabinet Bruel. Ca fait 30 ans qu'Harold Martin (et quelques autres) se gave de façon éhontée sur tous les marchés publics qui passent !
C'est la première bonne nouvelle "citoyenne" que j'entends depuis 6 ans ! Quant à l'intérêt de recevoir de la pub L'Oréal ou la télé sur son portable dans les collines de Ouégoua...
L'homme assis là, immobile.
Dans son sourire, de la Compassion.
Dans sa posture, de...
... Ouais, c'est ça, de la Dignité !
(Note – Eiheiji 1988)