La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Lundi, dans les "Nouvelles calédoniennes" :
Un noyé lesté avec du béton
Publié le lundi 07 novembre 2011 à 03H00
La macabre découverte a été faite samedi matin par un couple de pêcheurs au niveau de la petite rade, sur les quais Ferry à Nouméa. La police cherche à identifier la victime. Une enquête est ouverte...
Moi, vous m'connaissez, toujours plein d'bonne volonté pour aider des enquêteurs. Donc, dans le même journal, j'avais suggéré :
Quoi ?? Un inconnu, les pieds dans l'béton !
Quelqu'un a-t-il vu Frogier depuis quelques temps ?
(On dit qu'il a été nommé au Sénat, mais....)
... et 25 autres commentateurs avaient proposé d'autres hypothèses comparables...
Evidemment, quelques heures plus tard, tous les commentaires de cet article étaient supprimés. Le RUMP voulait-il entraver "la Justice de mon pays" ? Comme quoi... passons !
(A noter que des RUMP "islamistes" auraient fait sauter l'journal, eux... Bof !)
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Aujourd'ui, dans le même journal :
Le noyé du quai Ferry identifié
Publié le mercredi 09 novembre 2011 à 03H00
L’homme retrouvé noyé, samedi quai Ferry, a été identifié. Il s’agit de Michel Point, qui possédait des distilleries d’huiles essentielles à l’île des Pins, Lifou et Maré. Il les avait revendues récemment...
Ca change tout :
En 1982 à Pouembout, Michel Point était venu me parler de son projet d'huiles essentielles : En Calédonie, des niaoulis partout, et en Europe, l'essence de niaoulis à 80.000 cp/litre. Il m'explique : Lui savait distiller en pro. Et donc ramasser un certain type de niaoulis, à un certain moment, construire un alambic... et voilà un artisanat rentable en tribu...
Son projet enthousiaste intégrait l'acquisition de petits attelages légers tous terrains pour le transport des feuilles de niaoulis, du bois de chauffage et des pièces d'alambic. Il s'informait de petits chevaux, etc...
On s'est revu de loin en loin, partout, au hasard de la brousse. Il avait construit 4 ou 5 alambics répartis en tribus de l'Ouest et de l'Est. Après avoir formé des femmes au ramassage, des gars à la distillation, il était reparti chercher des contrats en Europe, et râlait qu'il avait du mal à fournir, etc...
Après 1999 et les Accords de Matignon, il était désespéré : En tribu, plus personne ne bossait. Il était prêt à tout laisser tomber. On parlait de ça dans le hall de TTA où il s'envolait pour l'Indonésie... Effectivement, quelques années plus tard, Michel exportait de l'essence de santal, d'ylang, de vanille d'Indonésie...
Depuis, il m'avait dit qu'il envisageait de laisser tomber son aventure en tribu. Un gars qu'il avait formé, s'était installé fixe à Bouloupari. Et gagnait bien sa vie sans se faire autant chier que lui.
Bref, Michel, un type entreprenant, exubérant et bosseur. Finir ainsi, au fond de la baie, les pieds dans du béton ... surtout pour un gars qui se passionnait aussi pour les pierres de valeur !
A propos de béton, à la Provin... Non, ça suffit pour aujourd'hui !