La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Avant-hier, j'ai suivi (comme vous ?)) le débat sur l'Hymne du futur pays . Adopté à l'unani... Non, pas vraiment, les élus ont adopté la musique mais pas ses paroles - D'autres ont même regretté l'absence de toutoutes...
Pendant que nos élus poètisent les symboles, des thonniers-senneurs coréens violent les eaux territoriales, le coût de la vie locale est le plus disproportionné du Pacifique, l'éventail des revenus va de 1 à 60, une 3e usine sulfurique est envisagée dans l'endémisme du pays, des sociétés-écrans reluquent nos terres cultivables, la législation pesticide a toujours 40 ans de retard, le chômage des jeunes est stable au presque plus haut niveau et...
"Tout le monde considère la mauvaise qualité du PQ calédonien comme prépondérant dans le mauvais rapport qualité/prix qui grève notre tourisme international. "
(Sce : un préposé au tourisme international)
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En débarquant ici, j'ai lu, effaré, des documents de la SEHNC *relatant l'histoire récente de la Calédonie. Récits et témoignages terribles ! J'y ai noté que si, à l'origine, la fracture noir-blanc résulte naturellement du conflit colonial, les documents sont clairs sur le constat que les principaux exploités de Nouvelle-Calédonie furent les blancs par d'autres blancs. Et jusqu'il n'y a pas si longtemps !
Autre considération : le racisme réciproque qui fait aujourd'hui la fleur de l'humour des fins de repas, ce discours n'existait pratiquement pas en brousse avant 1984.
Hier encore, j'ai relu de veilles notes d'il y a 30 ans :
(Propos privés de C. Nucci au restaurant Konimbo en nov. 1982)
"Depuis plus d'un siècle, toutes les ethnies de ce territoire ont été délibérément assujeties au service de quelques familles historiques.[...] Grâce à la complicité active de l'administration coloniale, des fortunes se sont construites en même temps qu'une situation d'inéquité potentiellement explosive [...] Seule la perspective démocratique d'une autonomie pourra faire bouger ce pays"
Et voilà, tout était dit, ça fait réfléchir, non ? Mais il a fallut attendre 30 ans...
(*Société des Etudes Historiques de Nouvelle Calédonie. Pourquoi ne sont-ils pas plus facilement accessibles ?)
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Juillet 2010. Ici comme dans le reste du monde, les structures traditionnelles se délitent. Moi, le plouc ignare de la chose caldoche, j'ai suivi tout ça à travers les clubs de réflexions, la franc-maçonnerie locale, la vision religieuse et l'opinion quotidienne de mes clients. C'est à marche forcée que l'île a (presque) rattrapé le XXIe S. Il a fallut vaincre des pouvoirs assis, des égoïsmes puissants, de multiples tentatives de blocages occultes. Le pays a progressé en dépit des incantations maléfiques et des trahisons inévitables. Passons...
Car aujourd'hui, la question se pose : La Calédonie est à marche forcée... mais vers quoi ?
Vers l'Indépendance ? Hier, la véritable indépendance, c'était dépendre de qui on voulait. Aujourd'hui, on ne choisit plus, on est choisi par d'autres dépendances !... Pour moi, l'Indépendance, un épouvantail entretenu par le RUMP et le FNLKS : Tout l'monde y gagne sans en croire un mot !
Vers la décolonisation ? Mot obsolète, alors que le colonisateur tant haï est lui-même devenu colonisé (démographiquement, intellectuellement, commercialement et capitalistiquement...)
Quelle orientation choisira donc le pays ?
Sera-t-il fasciné par le vertige mondialiste : Kalkanisation* - Mac Dochisation - Made'n Chinisation - Néantisation !...
Ou optera-t-il pour une solution originale, humaine et construite à partir d'ancrages forts et biculturels qui demeurent aujourd'hui inexplorés. Ainsi, personne n'aurait perdu son temps.
(Voir ça, c'est une des raisons pour lesquelles je suis encore ici. Et mon cheval...)
*Kalkanisation = kaldoch + kanaq érigés en système politique.
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A ma connaissance, aucun politicien actuel n'est capable d'imaginer et d'anticiper sérieusement l'avenir du pays kanako-calédonien. Yannot, Martin, Frogier, Gomès restent de bons gestionnaires de niveau municipal. Tous sont les clones de ceux qui, il y a trente ans, n'ont rien pressenti d'une explosion imminente. (En 62, ils avaient déjà refusés la venue des pieds-noirs !) Comment pourraient-ils être les visionnaires d'un avenir crédible pour nos gosses ?
Bretegnier, Lalier, Deladrière, Jodard, que des dialecticiens du XXe S. Sans intérêt.
(P'têt Leroux ou Lèques ou le Naisseline d'avant ?)
En face d'eux, les indépendantistes ? Pareils avec un demi-siècle de retard. Les élus indépendantistes survivants ont été contaminés par ceux-là mêmes qu'ils ne cessent de haïr, mais qu'ils imitent si bien : croche-pieds, népotisme et trahisons...
D'évidence, la majorité de nos élus de tous bords sont peu aptes à la situation qui se présente. D'autres élus, plus récents, s'installent dans leur nouveau prestige en toute incompétence. (Des noms ?). Selon moi, ils se saborder et place à de "jeunes" élus ! Et d'urgence.
Ca craint...
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Je reprends un verre de la bouteille-anniversaire commencée hier, et qui sera terminée demain.
Ca y' est, j'ai retrouvé la page que je cherche :
"Dans une île plus que sur un continent, l'absence de vision à moyen terme amène toujours une conséquence cinglante, voire létale"
(Jared Diamond – COLLAPSE. How societies chose to fail or succeed)
(A suivre : Demain, de l'air : On va rentrer du bétail à Neami en 1982))
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