La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Quand les éléphants se peignent les ongles en rose, ça les rend invisibles.
La preuve ? T'as déjà vu des éléphants avec les ongles roses ?...
"Lorsqu’en voyage à l’arrière de la Peugeot familiale, j’observais les fumées que rejetaient les usines, les immeubles et toutes les voitures et les camions que nous croisions, je m’inquiétais pour l’état du ciel, impressionné par la beauté du paysage aperçu au détour d’une route de montagne qui dominait la vallée, et la laideur de ces fumées qui semblaient disparaîtrent dans l’air, s’y dissoudre... Et il y en avait tellement et depuis si longtemps que je doutais de la capacité de l’air à les absorber. Où donc allaient-elles ?
Je me tranquillisais en me disant qu’il y avait forcément des gens, des adultes, qui s’occupaient de cela, des gens compétents et responsables...
Aujourd’hui, je sais que non."
Nancy – 1966
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Un demi-siècle plus tard...
Aujourd’hui, c'est une évidence : Sauf imposture, mensonge ou expédients, notre civilisation de la puissance est incapable d’agir sur elle-même. Or les institutions anciennes ne sont plus adaptées à la nature des problèmes nouveaux du monde (Economie, urbanisme, enseignement, santé,...) En matières d’Environnement et de développement durable, les institutions en place, qu’elles soient publiques ou privées, d'Etat ou d'entreprises, sont à réinventer, à reconstruire de l’intérieur et par le bas...
L’absurdité fut de confier la responsabilité de nous sortir d'une impasse à ceux qui nous y ont conduit ! Et non seulement ils ne refusent pas cette tâche, mais ils s’en attribuent même l’exclusivité. Partout sur la terre et depuis des années, en matière d’Environnement, l’action publique est contre-productive à tous les échelons, du plus global au plus local. Plus récemment, ce sont les blocages institutionnels qui constituent les vrais problèmes du développement durable. Et parmi ces blocages, il y a l’économisme qui est le facteur le plus directement lié à la catastrophe lente actuelle. (Ex : Copenhague)
« Une fois de plus, un peu partout dans le monde, les politiques se sont emparés du vocabulaire du développement viable mais en le vidant de son contenu. Comme si les ordinateurs des ministères avaient été reprogrammés pour remplacer automatiquement toutes références à la croissance économique par le terme « développement durable » (I. Sachs – 1992)
L’économisme englue toute initiative réellement innovante au nom de chiffres, de paramètres économiques qui constituent la fin et les moyens de l’action publique. Etre gouverné au XXIe S, c’est être soumis à une technocratie économiste dont nous discernons de mieux en mieux l’absurdité. Ceci se perçoit à l’échelle mondiale. D’où les manifestations d’opposition à l’OMC, au FMI, à la banque mondiale...
Dans la forme, on a juste changé les mots : Le terme de « gouvernance » est sensé améliorer la légitimité et l’efficacité de l’action collective. En réalité, ce n’est qu’une foutaise sémantique...
La France est un bon modèle de « gouvernance » du développement durable avec son "Grenelle » de l’environnement" 2007 – 2008 ! On n'a fait que remplacer l’expression "créer une commission " (pour enterrer un problème et placer ses copains) par une autre : "Faire un Grenelle "... de la mer, de la biodiversité = un enfumage à grande échelle = provoquer l’agonie d’un problème en la faisant passer pour une renaissance consensuelle et dynamique.
La France a un don particulier pour l’engluement de situations sans aucun effet réel, à part quelques règlements qui figuraient déjà dans l’avalanche de ceux de Bruxelles.
Aujourd’hui, la réputation de ce qui est « non gouvernementale » prime sur ce qui est « d’état ». Mais cette réputation aussi est en train de s'évaporer au nom de l’économisme ! Beaucoup d'ONG deviennent douteuses par désenchantement "administratif"
Je n’oublie pas qu’en Europe, et particulièrement en France, c’est l’action publique qui a « remembré » le pays des ploucs jusqu’à en faire un espace de production biologiquement dévasté. C’est l’Etat qui a transformé la culture rurale en agrobusiness. Les paysans sont encore les principales victimes de la catastrophe technocratiques, et ceci partout dans le monde... La « raison d’Etat » a disparu depuis un siècle et la finance internationale se repaît encore des vestiges d’une agriculture pluri millénaire !
Comment parler de commerce équitable quand le meilleur café du Kenya est payé 1,46 $ au producteur pour être revendu tel quel 20 $ à Londres (Mars 2008)
En bref, nous n'avons pas de problèmes insurmontables, nous n'avons que des problèmes insurmontés. Si nous sommes toujours dans un pays où l’état de droit et la démocratie fonctionnent correctement, si les services publics ne sont pas corrompus, et si les citoyens ont, en grande majorité, un comportement civique et des attentes civiques vis-à-vis de leur dirigeants, les institutions publiques ne sont plus le lieu où investir ses efforts si on veut sincèrement agir.
La gesticulation médiatique, les effets de communications et l’aménagement de l'ancien ne suffisent plus, il faut du changement !
Personnellement, en Europe du Sud, je ne crois plus au devenir d’un "développement durable" d’origine institutionnel... En revanche, je crois en une nouvelle prise de conscience et des initiatives individuelles à partir desquelles il faudra inventer d’autres institutions en urgence pour suivre une autre logique de développement face à la désuétude actuelle du politique.
(Notes - 2010)
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Un paysan riche est un riche.
Un paysan pauvre est un paysan !
(Notes-1994)