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La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)

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Pim-pom chez les ploucs...

 

 

-... C'est loin chez toi ?

- Non, mais c'est compliqué... Je vous embarque avec moi !

Sitôt dit sitôt fait, le temps de transférer trois mallettes de ma voiture à la sienne.

 

De Pouembout à Koné, le vieux pick up tient le milieu de la RT1 déserte. Avec les trous et les bosses, il occupe même toute la largeur du bitume rapiécé. Les gaz d'échappement remonte dans la cabine et impossible d'ouvrir la fenêtre. Robert connaît sa mécanique brinquebalante (du moins je l'espère...)

Au carrefour, à l'entrée de Koné, un cycliste surgit à droite, que Robert engueule copieusement version locale. Alors, de sous le siège, il sort un gyrophare (?) qu'il colle sur le toit, et on traverse le village désert en klaxonnant trois tons et à tue-tête !...*

 

Le pick up embouque la piste de ... (la Caférie) puis un dédale de chemins dont je ne suis pas certain de me souvenir. D'une main, Robert attrape le micro de la CB et alerte le monde entier qu'on arrive (à destination de sa femme ?)

 

On s'arrête dans un carré où une jument est dressée sur les antérieurs. Elle tente en vain de se mettre debout, tandis que le petit poulain galope partout, affolé par le bordel poussiéreux qu'on vient de provoquer... Mon diagnostic du départ se confirme : La jument a pouliné depuis 3 jours, c'est le quatrième poulain qu'elle allaite en 5 ans = Une "fièvre vitulaire", comme chez les bovins...

Bon ! J'ai intuitivement embarqué ce qu'il faut et si on joue prudent, c'est gagné [...]

 

Une heure plus tard, on reprend la piste en sens inverse dans la poussière à peine retombée. La jument est debout. Tout est rentré dans l'ordre, ce qui n'empêche pas Robert de conduire plein pot. Gyrophare toujours en action sur le toit et micro de CB en main gauche, il annonce à la planète entière que sa jument va bien...

 

J'aime bien Robert. C'est un impulsif, toujours le pied à la tôle et les doigts dans l'alternateur : Un jour, il m'a ramassé au bord d'une piste alors que je marchais en plein midi poussant une roue à plat (2 crevaisons consécutives.) Avec la même diligence, il a interrompu d'autorité la sieste du garagiste (fermé) et m'a ramené ensuite à ma caisse posée sur cales... soit 51 km aller-retour !

[Notes – décembre 1985]

 

(*A relire ça 26 ans plus tard, je suis plié de rire au souvenir de la traversée tonitruante de Koné ! )

 

 

La fièvre vitulaire des mammifères correspond à l'éclampsie post-partum des accouchées humaines récentes. C'est une hypocalcémie soudaine accompagnée de "tétanies" paralysantes et de troubles cardiaques... La perfusion lente d'une solution de calcium-magnésium amène une guérison spectaculaire et sans séquelles.

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" La démocratie, c'est la biodiversité du peuple"

(1992 - En marchant dans le Humboldt) 

 

 

 

 (Pour moi) la survie du cagou comme emblème vivant devrait symboliser un devenir calédonien plus réel et moins ambigu que... deux drapeaux antagonistes* !

 

Dans le monde actuel où démocratie et biodiversité sont en danger, peu de pays ont l'opportunité d'héberger et protéger une espèce vivante, un animal-totem unique. De plus, l'historique de cet oiseau accompagne exactement l'Histoire du pays :  Ces images de cagou, aujourd'hui banales, sont à l'initiative de quelques allumés calédoniens. Et ceci, dans les années 80, au moment du sursaut postcolonial qui a secoué le pays. La prise en compte de notre biodiversité insulaire correspond précisément à l'essor démocratique qui a ébranlé notre caillou !

  

Biodiversité et démocratie vont de paires : Le totalitarisme d'une espèce dominante (d'une classe sociale ou d'une "économie" unique) affaiblit et fait disparaître les autres chances d'évolution, y compris les plus anciennes ou les trop spécialisées. La dictature (biologique ou politique) réduit fortement les capacités d'adaptations aux changements futurs toujours inéluctables (URSS, Fidji, Nauru, Palao,...)
 

... Outre la dialectique, concourir à la protection d'une espèce animale ou végétale en danger ne suppose-t-il pas une empathie intime avec... la Vie ? 

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 Un lien :  http://sco.over-blog.org/categorie-10773567.html

 

  *Quand on a accès à l'histoire (non expurgée) de la Nouvelle Calédonie, elle est truffée de bévues et contresens politiques ahurissants ! Quelques unes de ces singularités se révèlent encore dans le noms des rue de Nouméa...
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