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La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)

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La route*...

 




Guerre, catastrophe, famine, coup d'Etat, immigration,...

Les uns commentent, encouragent, critiquent... 
Ils ont des opinions.

D'autres ferment leur gueules,

et endurent en silence. 

(Népal-1992)

 

 

Pouembout, Décembre 1984.
C'est le gros bordel local. Guerre civile ou Mai 68 ? En brousse, peu d'informations crédibles, mais des barrages armés, les stations qui brûlent, les chantiers pillés et des embuscades parfois meurtrières [...]

 

Sur la RT1, on voit passer des réfugiés du Nord en convoi intermittents, surtout la nuit. Bagnoles surchargées de pauvres affaires, pick-up vétustes, tracteurs et remorques rafistolés, autant d'engins qui, d'habitude, ne quittent pas les paddocks et qui se retrouve maintenant sur la route [...]

 

- Sagamore, C'est pour vous... sur le parking !

Un pick-up Toyota modèle 1955 à la benne surchargée en hauteur et 2 roues de secours sur le capot moteur. A bord,  une famille des environs de Ouégoua. Tous semblent épuisés : le père, la mère, trois gosses et deux chiens dans un chargement de cartons, d'ustensiles de vaisselle et de matelas roulés et ficelés sur le toit et les ailes. Attelée à l'arrière, une vieille remorque à chevaux, pleine à craquer. Au milieu d'outils divers, de meubles et de tapis roulés, une grand'mère est assoupie dans un fauteuil calé entre une cuisinière et un sommier métallique vertical qui partage l'espace. De l'autre côté, une jument debout en sueur !

 

Pendant qu'un des gosses vérifie les niveaux, le père m'explique : Ils roulent depuis la nuit dernière, et le plancher de la remorque a cédé. Un antérieur de la jument a traversé le bois pourri et le pied de la bête frotte sur le bitume depuis des kilomètres. On décharge presque tout. Et la jument se précipite vers un seau d'eau sur 3 pattes... 

 

 

sabot blesséSous un enduit de terre et de goudron, le sabot est taillé comme un crayon jusqu'au sang. La blessure, très douloureuse, s'étend de pince en  mamelle*. Immédiatement, y'a pas grand'chose à faire : désinfecter, faire un gros pansement "américain" compressif, vacciner tétanos. Il y en aura pour 6 mois avant la repousse lente et approximative de la paroi du  sabot...
 

- Vous comprenez, c'est la jument de ma fille et...

 Le bétail, les chevaux et d'autres animaux sont resté là-bas...

Tous les spectateurss présents s'y sont mis. On a apporté des sandwitches, du café et même des couches à bébé..., On a été chercher des outils, des planches, des vis... Puis scier, réparer le plancher, et recharger la remorque...

 

En fin d'après midi, la famille a lentement repris la route vers Poya, le Sud...

-----------------------------

*Allusion au livre de Cormac Mc Carthy...
**En langage hippologique, la paroi du sabot se divise en 4 zones : pince, mamelles, quartiers et talons.
cheval sabot 

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S
<br /> Je suis les infos à la radio :Ds les catastrophes, y'a une aussi l'approche économique :<br /> <br /> La re-contruction, racheter des bagnoles et soigner des irradiés booste la croissance.<br /> Mais reconstruire autrement aussi.<br /> Et donc sortir du nucléaire pour d'autres énergies également<br /> ... sans délocalisations possible !<br /> Alors ?<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Normalement, l'individu est sacrifié ds l'intérêt de l'espèce...<br /> <br /> ... Quand on fait la part du rapport coût/bénéfice, l'individu qui à la malchance d'être du mauvais côté de la balance, doit accepter son sacrifice pour celui de la collectivité (l'espèce). Cette<br /> tendance est la norme dans les colonies animales, mais elle s'inverse au fil du temps dans les sociétés capables de satisfaire aux exigences du confort individuel.<br /> 
Le sacrifice acceptable d’un individu peut même se calculer ! Il se traduit par la notion de seuil.
Ce seuil autorise la prise de bénéfice pour la collectivité en fonction du risque consenti aux<br /> individus. Il se dit qu'un risque de 10 % est jugé acceptable ?
Mais comment différencier les intérêts de la collectivité de ceux de l'individu ? Ou plus précisément, comment être sûr que le<br /> bénéfice ne soit pas restreint à quelques « actionnaires ».<br /> 
Le cas des OGM, celui des pesticides, ou encore l'expérience de la grippe H1N1 constituent des cas qui n'ont pas été résolus …<br /> Supposons que l'exposition à X µg d’une substance conduit à l'apparition d’1 cancer supplémentaire par million d'individus exposés, selon l’équation suivante : X µg = Z cancers<br /> Notez que c’est ainsi que l’on convertit une probabilité en fatalité !
Les joueurs de tombola l’ont bien compris, il savent qu’ils peuvent favoriser la fatalité (leur gain) en multipliant la<br /> fréquentation au jeu et en achetant plus de billets. 
Le risque de contracter un cancer (tirer le gros lot) est proportionnel aux fréquences d'exposition tout autant qu'au nombre de facteurs<br /> comminatoires tels que les milliers de substances qui chaque jour pénètrent notre organisme.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> S'informer des malheurs des autres suscite la compassion, averti et rassure... ou alarme !<br /> <br /> Normalement, l'individu est sacrifié ds l'intérêt de l'espèce...<br /> <br /> En matière nucléaire, l'espèce est risquée ds l'intérêt de qqes individus !<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Et quand je pense qu'il y a d'aveugles malthusiens qui se réjouissent des guerre, famines et autres catastrophes (ça fait moins de monde) sans pense qu'un jour, ça pourrait leur arriver.<br /> <br /> <br />
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