La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)
Dimanche 10 juillet 2011.
Aujourd'hui à Dumbéa, inauguration d'un foyer culturel wallisien (comme il en existe un tahitien, vietnamien, javanais...) Ces différents "foyers" sont construit sur des terrains attribués par une municipalité laquelle accorde un permis de construire.
L'évènement d'aujourd'hui est-il anodin ? Pas celui-ci : Ce nouveau foyer wallisien de Dumbéa est sur un terrain appartenant à Alosio Sacco, chef du RDO. Le batiment fut érigé sans permis de construire car ce type a simplement déclaré que sa propriété était "terre coutumière wallisienne" ! Et il aurait acquis l'assentiment du chef de l'aire kanaque Djubea-Kapone (probablement acheté !)
La municipalité va-t-elle ordonner sa destruction ? Ca m'étonnerait : Les élections...
Et quand on connait l'animosité viscérale qui prévaut entre kanaques d'ici et wallisiens immigrés, on peut augurer qu'à peine passé "le jour de l'Indépen... l'émancipation", une autre Histoire mouvementée va commencer !
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- Quoi ?.... Mais vous n'allez pas manger ça ?...
En arrivant dans cet élevage wallisien, les hommes affûtaient des couteaux et les femmes préparaient des bassines.Sur le sol, le cadavre encore intact d'un porc crevé dans la nuit. C'était la truie que j'étais venu voir la veille. J'avais diagnostiqué un abscès ou une infection viscérale, sans doute un nouveau-né resté coincé dans l'utérus depuis quatre ou cinq jours... La bête était déjà très mal en point, mais j'avais tenté de la sauver, elle et sa portée de 10 petits. De toutes façons, l'animal était déjà inconsommable, autant essayer quelque chose, et j'y étais allé d'un traitement de miséricorde. Ce qui, d'évidence, était bien trop tard...
- ... Mais cette bête est crevée ! Elle était malade... Vous n'pouvez pas bouffer ça...
Avec le couteau d'un des hommes, j'éventre le cadavre tout raide. Même pas pris la précaution de mettre des gants tellement j'étais stupéfait ! Et j'extrais une masse d'intestins figés en bloc dans une gangue de fibrine purulente comme du mastic durci. Avec l'odeur sans équivoque = Une péritonite lente et bien installée depuis plusieurs jours avant la mise-bas. Sans doute un clou qui a perforé les boyaux... Tout est dit : Cet animal était pourri sur pieds.
Alors l'homme, qui semble le chef s'approche de moi :
- Nous pas manger, Patron, nous vendre morceaux à Logicoop*...
- (Bîn voyons !) Ce gars parle-t-il sérieusement ?
Je retourne prendre du formol à ma voiture, et d'autorité, j'en inonde la carcasse. Il y va de ma responsabilité et la viande est ainsi définitivement inconsommable (J'anticipe la roublardise de mes "clients")
- Tiens, ton couteau... Et fais-le bien bouillir avant d't'en resservir...
A Logicoop n'habitent que des kanaques
de la grande Terre ou des Iles. Pas (ou très peu) de wallisiens !
Ah, la grande "confraternité" des
peuples océaniens... comme à la télé !
(Notes 12 février 1998)
* Logicoop est un quartier "populaire" de Nouméa où se déversent tous les effluents d'une usine de Ni...
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(A suivre, car y'en a d'autres...)