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La vie, c'est surtout les souvenirs qu'on en a. Vivre, c'est ce qui nous arrive quand on est absent, quand on est trop occupé à d'autres choses ! Donc prendre des notes, conserver des traces, trier les déchets pour pouvoir un jour m'étonner : "Mais bordel, comment suis-je donc arrivé là ?..." (Note 1991)

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Mi gagn' pas fé, mou noa'...

 

 

 

J'ai des doutes sur le classement du Piton de la Fournaise et des cirques de la Réunion au patrimoine mondial de l'Humanité.

 

MAFATE r44Ces cratères sont très beaux et bien peu touristiques, mais en quoi ces lieux chargés d'un terrible passé esclavagiste  sont-ils si remarquables au titre du patrimoine humain ? De plus en plus éloigné du culturel, le classement de l'Unesco évoluerait-il en fonction du lobbying des agences de voyages ?...

 

 

Ca m'rappelle...

Dans les années 70, un avion d'Air France s'est posé à Gillot en provenance d'Afrique du Sud. Un éleveur de l'île a récupéré les restes de plateaux-repas pour ses porcs, sans les faire re-cuire (comme l'y oblige la loi). En 48 heures, les trois cents animaux de l'élevage sont crevés. Cette explosion de la peste porcine menaçait des milliers de porcs dans l'île. En quelques jours, les 20.000 porcs immédiatement accessibles ont été vaccinés par les confrères . Comme Volontaire de l'Aide Technique, je me suis désigné pour aller immuniser les 200 ou 300 porcs disséminés dans l'intérieur de l'île. C'est ainsi que, vaccins sur le dos, j'ai arpenté tous les sentiers des cirques, un îlet après l'autre.

 

...une des plus chouettes missions de ma vie.

 

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J'embarque donc à bord d'une Alouette III de l'armée au milieu des sacs de lait en poudre que la DASS locale fournit aux populations des cirques. Selon le patron de l'ONF, après avoir été le terrain de violentes chasse aux nègres marrons*, il y avait une volonté affichée de maintenir un humus humain partout dans les cirques, y compris à Mafate. Et donc de pourvoir aux besoins alimentaires basiques. 

   

C'est le soir et le temps est pourri. L'hélico me drope avec mon matériel à Grand'place, et il repart immédiatement avec le toubib déposé pareillement le matin même. Moi je resterai le temps qu'il faudra, trois ou quatre semaines avant de sortir à pied en suivant la Rivière des Galets ou par Cilaos...

 

A Grand'place, je m'installe dans le gîte de passage. Il pleut des trombes, et les hommes ont rangés provisoirement les sacs de lait dans la pièce à côté. Demain, il sera réparti entre les familles. Toute la nuit, les rats font grand tapage et au matin, les 10 sacs de poudre sont entamés.

 

A mon retour d'une première journée de boulot, personne ne s'est occupé des sacs de lait éventrés sur le plancher. Le lendemain, j'entreprends d'aider un gars à transporter le lait dans une autre case où, à ma grande surprise, une centaine de sacs sont déjà empilés, en train de verdir !

On m'explique : 

Sur aucun des sacs de 25 kilos, il n'y a de mode d'emploi. Comment diluer la poudre ? Des essais de dilution malheureux ont déclenché quelques incidents chez les gosses. Et même chez les cochons. Comme le médecin ou l'infirmier repartent dans le même temps que le lait arrive, il n'y a personne pour en expliquer l'usage. Et la BLU n'est réservée qu'aux vacations d'urgence. C'est très con, mais c'est comme ça. Aussi les mères préfèrent-elles utiliser le lait qu'elles achètent au kilo par colportage. Avec le temps, le lait en sac a acquis une réputation douteuse. Sur les boîtes, pas besoin de savoir lire pour comprendre les dessins. Le pire reste que ce malentendu semble durer depuis des années. Alors...

 

Alors quand on ne sait plus où stocker le lait en poudre de la DASS, on la jette à la rivière. Et j'observerai le même dépit à Roche Plate, Marla et la Nouvelle...

 

J'ai pris des photos et rapporté tout ça dans mon compte-rendu d'activité. J'ai fait ce qu'il fallait auprès de la DASS... 

Dix huit mois plus tard, quand je repasserai dans Mafate avec des touristes, le lait gratuit de Grand'place finira toujours dans la Rivière des Galets, à raison de 100 kilos ... soit près d'une demi-tonne chaque mois pour tous les îlets du cirque !

  (La Réunion - Cirque de Mafate - 1974)

 

Au cours de cette mission, j'ai relevé d'autres anecdotes dont une n'est pas à la gloire de l'armée française de l'époque... Il est vrai que ce ne fût pas la seule fois ! 

 

*neg'marron : Esclave en fuite 

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Comme la peste porcine, la Réunion a subi aussi la babésiose bovine (ex-piroplasmose) importée d'Afrique du Sud en 1976. Du coup, j'ai très souvent rencontré cette pathologie. 

 

En 1992, la même babésiose serait arrivée d'Australie en Calédonie. Il faut savoir qu'une fois installée dans un cheptel à tiques, aucun pays au monde n'a pu éradiquer la babésiose, sauf... la Nouvelle-Calédonie ! Cocorico ! On-a-ga-gné, on-a... (Rires)

 

A moins que... Et si, en 1992, il n'y avait jamais eu de babésiose en NC ? Et s'il ne s'agissait que de la capture des indemnités européennes ?  Quinze années plus tard, c'est encore mon opinion ! 

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S
<br /> Oui oui, j'me souviens de tout ça : les sacs d'engrais sans mode d'emploi...Cottin et les poulaillers ODILE !<br /> <br /> Quels gaspillages...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Les sacs de lait me font penser aux sacs d’engrais qui s’accumulaient sur les bas-côtés de la route territoriale sur la côte-Est. Les producteurs de « café soleil » touchaient une partie<br /> de leur rémunération en nature, sous forme d’engrais dont certains n’en connaissaient pas l’usage. C’est ainsi que mon attention fut aussi attirée sur les conditions d’utilisation de vermifuges<br /> dans les poulaillers ODILE. Quelque temps plus tard sur les conséquences de l’atomisation d’endosulfan le long des routes. Ce fameux pesticide utilisé contre le scolyte du café, était déclaré<br /> biodégradable et inoffensif pour les abeilles. Il passait toutefois pour n’être dangereux que pour les chevaux. À chaque épandage des appels radio conseillaient aux éleveurs de rentrer leurs<br /> animaux. Immanquablement M. Cottin qui vivait de l’apiculture se plaignait des conséquences dramatiques perturbant son élevage.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Wouah ! Le sentier qui vient de Cilaos vers Marla... par le col du Taïbit ? Si t'es passé là, je comprends tes jambes. Dans ce col, j'ai un souvenir de militaire en panne. J'en ferai un<br /> article.<br /> <br /> A part ça, 'fait chaud chez toi ?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Content d'avoir vu cette photo prise du sentier descendant de Cilaos que j'ai eu le plaisir d'emprunter. Plaisir visuel seulement car mes pauvres jambes de 67 ans au retour n'ont éprouvé aucun<br /> plaisir.<br /> <br /> <br />
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